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Environnement et milieu de travail
Sociaux et comportementaux
- L'obésité juvénile

Contexte

L'obésité juvénile est définie comme étant un excès de gras corporel et caractérisée par un indice de masse corporelle (IMC) qui se situe, en fonction de l'âge, au-dessus du 95e percentile pour l'obésité et entre le 85e et le 95e percentile pour l'embonpoint. L'obésité juvénile affecte actuellement 25 % de la population pédiatrique canadienne et l'on s'attend à ce que ce taux augmente rapidement en raison de la tendance actuelle à consommer plus de calories et à faire moins d'exercice. L'obésité juvénile est un important facteur de risque pour le développement précoce de nombreuses maladies chroniques et ses conséquences se poursuivent souvent jusqu'à l'âge adulte. Pour gérer les facteurs de risque de développer des maladies chroniques, protéger contre les conséquences psychosociales négatives et réduire le fardeau sur le système de santé publique, il faut promouvoir un poids santé chez les enfants.

Risques pour la santé

La prévalence accrue de l'obésité reflète la tendance contemporaine à afficher un équilibre énergétique positif sur une période prolongée. Il y a obésité lorsque l'apport énergétique quotidien dépasse le niveau de dépense énergétique. L'obésité est une affection multidimensionnelle découlant de l'interaction de nombreux déterminants de la santé et facteurs de risque.

Les facteurs génétiques jouent un rôle important dans le développement de l'obésité. Certains cas d'obésité sévère sont causés par des mutations de gènes uniques, et certain phénotypes d'obésité ont un taux de transmissibilité héréditaire pouvant atteindre 50 %. Les gènes influencent également l'efficience de l'apport et de la dépense énergétique, la teneur en graisse corporelle et, partant, la prédisposition d'une personne à accumuler ou à perdre des graisses en réponse aux interventions et à développer des comorbidités associées à l'obésité.

La prédisposition à l'obésité varie selon le groupe ethnique, les Européens affichant le taux d'obésité le plus élevé et les Asiatiques, le plus faible. Il reste que le niveau d'inactivité physique était uniformément élevé dans tous les groupes ethniques. Les interventions doivent donc tenir compte de la distribution différentielle des facteurs de risque par groupe ethnique et s'efforcer d'accroître l'activité physique dans tous les groupes.

Une foule de déterminants de la santé et de facteurs de risque environnementaux influencent l'obésité juvénile. Ces facteurs comprennent les publicités de restauration rapide ciblant les enfants, les médias, l'accessibilité des restaurants-minute et des épiceries qui vendent des fruits et légumes frais, le prix des aliments nutritifs et de la malbouffe, l'accès ou le manque d'accès aux parcs, aux installations récréatives, aux ressources pédagogiques et aux programmes de santé et d'éducation physique des écoles, l'environnement familial et la disponibilité des soins de santé. L'obésité juvénile affecte de manière disproportionnée les enfants des familles de faible statut socio-économique qui n'ont pas les moyens d'acheter des aliments nutritifs et qui ont accès à des repas-minute peu coûteux. Des études canadiennes démontrent que les enfants des quartiers à faible revenu sont deux fois plus susceptibles d'être obèses tandis que les enfants des quartiers à revenu élevé ont deux fois moins de chances de l'être.

De nombreux facteurs de risque sociaux et comportementaux se rapportent aux milieux familial et scolaire. À la maison, les parents jouent un rôle clé en inculquant des habitudes de vie chez leurs enfants, car il est difficile pour les enfants de faire des choix avisés en matière d'alimentation et d'activité physique. Un grand nombre de parents canadiens ont besoin d'aide pour reconnaître que leurs enfants ont un problème de poids et ils doivent être conscients des problèmes de santé associés à l'obésité juvénile avant d'accepter les interventions et d'y participer. Beaucoup de parents ont également du mal à appuyer les saines habitudes alimentaires et activités physiques de leurs enfants, et la qualité de l'alimentation de leurs enfants dépend en grande partie de leurs propres habitudes alimentaires et de leur attitude à cet égard. Ce constat souligne la nécessité de s'assurer que les parents possèdent les connaissances requises et jouissent du soutien nécessaire pour promouvoir des habitudes de vie saines chez leurs enfants. La recommandation actuelle est de 30 à 60 minutes d'activité physique par jour. Or, de nombreuses écoles sont loin de consacrer le temps recommandé à l'éducation physique, et la réduction des budgets scolaires au Canada a entraîné une érosion encore plus marquée, voire l'élimination, des programmes d'éducation physique et de sports parascolaires.

Gestion des risques

Les stratégies visant à promouvoir un poids santé chez les enfants doivent commencer tôt dans la vie. Pour se développer, les enfants doivent bénéficier d'une nutrition optimale, d'un apport calorique approprié, d'exercices réguliers et d'un équilibre énergétique.

Étant donné la nature multidimensionnelle du problème, une approche écologique est idéale pour prévenir l'obésité juvénile, car elle tient compte de l'interaction entre l'enfant et son environnement. Les plans d'action visant à prévenir l'obésité juvénile et à en réduire la prévalence doivent être lancés au niveau du gouvernement fédéral puis s'étendre au secteur privé, aux médias, aux collectivités, aux écoles et aux familles. Des interventions multidisciplinaires de santé publique englobant des stratégies réglementaires, économiques, communautaires et sanitaires offrent les meilleures chances de réussir à réduire les taux d'obésité juvénile.

Dans son budget de 2006, le gouvernement du Canada proposait d'instaurer un crédit d'impôt pour la condition physique des enfants qui donnerait droit à un maximum de 500 $ pour l'inscription à des programmes organisés d'activité physique. Ce crédit d'impôt, qui a été mis en œuvre en 2007, permet aux parents de se faire rembourser les dépenses liées aux activités de conditionnement physique de leurs enfants. Cet incitatif financier encourage les parents à accroître le niveau d'activité physique de leurs enfants en dehors de l'école.

Éducation physique et santé Canada (EPS Canada) est un organisme de bienfaisance national qui favorise le sain développement des enfants et des adolescents en faisant la promotion d'une éducation scolaire de qualité en matière de santé et d'exercice physique. Vers la fin de 2008, EPS et la société pharmaceutique Astra Zeneca ont élaboré et lancé une initiative de mieux-être appelée À mon meilleur! à l'intention des enfants de la maternelle à la troisième année partout au Canada. À mon meilleur! vise à réduire les taux d'obésité juvénile, à améliorer la santé nutritionnelle et à renforcer l'estime de soi des enfants au moyen de plans de leçon fondés sur le programme d'études, de multiples ressources pédagogiques et de stratégies visant à forger des liens en dehors de l'école, par exemple dans la famille de l'enfant et dans la collectivité. Des études pilotes ont démontré que les enfants participant au programme faisaient des choix plus sains, affichaient des niveaux plus élevés d'activité physique et avaient davantage confiance en eux-mêmes. Des partenariats semblables au programme À mon meilleur! contribuent dans une grande mesure à promouvoir des mesures multidisciplinaires, un engagement continu des intervenants et la durabilité à long terme des initiatives.

En avril 2007, les premières Lignes directrices canadiennes sur la prise en charge et la prévention de l’obésité chez les adultes et les enfants ont été publiées dans le Journal de l'Association médicale canadienne. Les lignes directrices sont toutes fondées sur des données probantes et contiennent huit sections réservées aux enfants et aux adolescents. Cette initiative aidera les professionnels de la santé à enrichir leurs connaissances sur l'obésité juvénile et à intervenir plus souvent.

L'obésité juvénile est un facteur modifiable qui exige des intervenants clés qu'ils collaborent entre eux pour réussir dans ce dossier.

Liens utiles

US Centers for Disease Control and Prevention
http://www.cdc.gov/pcd/ 
http://www.cdc.gov/nccdphp/dnpa/obesity/childhood/

Physical Health and Education Canada:  At My Best! http://www.cahperd.ca/atmybest/about/index.cfm 

Public Health Agency of Canada: Centre for chronic disease prevention and control.
http://www.phac-aspc.gc.ca/ccdpc-cpcmc/index_e.html
http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/2008/cphorsphc-respcacsp/pdf/CPHO-Report-e.pdf
http://www.phac-aspc.gc.ca/ch-se/obesity/obesity-eng.php
http://www.phac-aspc.gc.ca/dca-dea/yjc/pdf/youth-jeunes-eng.pdf

World Health Organization:
http://www.who.int/topics/chronic_diseases/en/
http://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood/en/index.html

lectures complémentaires:

Baur LA. 2009. Tackling the epidemic of childhood obesity.  Can Med Assoc J, 180(7):701-702.

Dehghan M, Akhtar-Danesh N, Merchant AT. 2005. Childhood obesity, prevalence and prevention. Nutr J, 4(2)24.

Herman KM, Craig CL, Gauvin L, Katzmarzyk PT. 2008. Tracking of obesity and physical activity from childhood into adulthood: the physical activity longitudinal studies.  Int J Pediatr Obes, 15:1-8.

Jolliffe CJ, Janssen Ian. 2006.  Vascular risks and management of obesity in children and adolescents.  Vasc Health Risk Man, 2(2):171-187.

Plotnikoff RC, Lightfoot P, Barrett L, et al. 2008. A framework for addressing the global obesity epidemic locally: the child health ecological surveillance system (CHESS).  Prev Chro Dis Pub Health Res Prac Pol, 5(3):1-6.

Sugarman SD, Sandman N. 2008. Using performance-based regulation to reduce childhood obesity.  Aus & New Zea Health Policy, 5:26.

Tremblay MS. 2007. Major initiatives related to childhood obesity and physical inactivity in Canada.  Can J Public Health, 98(6):457-459.

Collaborateurs :  Daniel Bedard

Dernière mise à jour :  le 20 juin 2012

 


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